Axelle Pillain
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Un ticket pour la Mini Transat

Un ticket pour la Mini Transat

Fin de la Pornichet Select avec un nouveau record de vitesse à 50 noeuds! Enfin, record de problèmes techniques, mais une belle course avec une fin en match race au 3ème jour. Bref comme une course de mini.

Pornichet Select 2019 : départ reporté pour cause de tempête. Ça nous a laissé plus de temps pour se préparer. On est parti dans du vent, on a finit dans la pétole. Heureusement il n’a pas trop plu : juste au début, en prenant le deuxième ris. Quand le bateau tapait dans les vagues. Et je ne sais pas trop ce qui nous est passé par la tête à Little My et moi, après le départ de Pornichet alors qu’apparemment on était avec les petits copains dans la baie de Quiberon, on s’est dit qu’on allait passer par les sœurs : ce petit passage entre Houat et Hoedic. C’est vrai que c’était joli, mais niveau tactique ce n’était pas bien, pas bien du tout même. Je connais des profs de prépa qui n’hésiteraient pas à dire que c’était vraiment mauvais… Enfin, on a quand même retrouvé des petits bateaux aux Birvideaux. Mais si l’on en croit les assidus de la carto on avait perdu quelques centaines de places (au moins :p ). A ce moment, on ne voit plus beaucoup de feux derrières nous, alors on s’est appliqué à renvoyer la toile, on a continué à se poser milles questions : pourquoi est-ce qu’ils n’empannent pas? Alors on a retenté le coup, on a abandonné les autres mini et on est parti de notre côté, on est resté concentré cette fois-ci. On a bien changé les voiles, on n’a rien lâché. Le mental, la concentration. Il se pourrait bien qu’on ait grandit un petit peu avec Little My. On a fait notre route en gardant la tête froide (j’avais surtout une cagoule et un bonnet et une capuche pour ne pas qu’elle congèle).

Le lendemain, on se réveille avec un groupe de bateau complètement différent autour de nous! Et même si les premiers proto remontent déjà vers Pornichet, on entend à la VHF des voix de marins qui d’habitude gèrent plutôt bien leurs courses. Alors on est content, mais on continue sur notre lancée : la concentration! Et paf, c’est la désillusion une bulle sans vent! Enfer et damnation, pourquoi est ce qu’on est venu ici? Non mais, quelle idée de faire ressembler la mer à un lac dans une clairière? C’est tout lisse autour de nous, ça n’a pas de sens! J’en perds le nord! Patience. Faire la sieste ou rester à l’affût? Il y a vraiment zéro vent. On se fait une petite sieste. Mais on se relève avant le vent sinon ça risque d’être la grosse cata par rapport aux autres concurrents. Des petites rides sur la mer, une grande voile qui claque moins, c’est le moment de se re-concentrer, de ne rien lâcher, aller, les Sables ne sont plus très loin!

On enroule la bouée des Sables d’Olonne et c’est reparti, droit sur Yeu. Rester à l’affut des variations du vent, observer le plan d’eau. Ce sera la technique de cette course : le travail sur le mental. J’entends toujours à la VHF ces marins qui disent qu’ils sont parmi les « premiers pointus », ils ne sont qu’à 2h devant moi, ça me rassure sur ma position dans la flotte, ça m’encourage. On renvoit le spi pour repasser Yeu, puis le genaker. Mais alors que je suis en plein milieu de ma petite pause pipi, quelques chose casse, le bout dehors part sous le vent. Et moi (comme par hasard…), je suis en caleçon dans mon bateau… Qu’à cela ne tienne, je me rhabille : tant bien que mal je repasse la veste et le gilet, je me munis de quelques bouts et hop nous voilà sur le pont : une poulie d’un outrigger a cassé. Du coup on la remplace mais pour la fixer il n’y a rien d’idéal. On finira la course avec un bout dehors qui retombe régulièrement sous le vent. Et bien évidemment, mes concurrents directs me rattrapent de plus en plus. On garde quand même une bonne vitesse, de quoi se reposer un petit peu et maintenir les poursuivants à l’écart. Le dernier bord, de Quiberon au Croisic, est au près, plus besoin de tangon, la voie est libre! Sauf que non, le vent tourne et il faut renvoyer le spi pour passer la passe des guérandaises. C’est quasi une manœuvre parfaite : petit pilling genak/sip max . Route directe sur la dernière marque. Un poursuivant pas très loin mais maitrisé, la fin est proche. Mais non, ça ne se passe jamais comme prévu : le bout dehors retombe, mon spi manque de se prendre dans la bouée de la passe. Heureusement qu’il n’y a pas beaucoup de vent : je l’affale devant au vent, je le coince dans une drisse sur le mat, je ramène le bout dehors, et hop je renvois le spi. Sauf que… derrière ça attaque fort : plus qu’une longueur d’écart! Je reste concentrée, je passe au vent je marque et hop, on franchit la ligne comme ça! Moi encore devant et le mini de derrière, derrière. Sauvée! Super arrivée, super course, de l’adrénaline jusqu’au bout!

Bilan : Une barre cassée, on ne sait pas trop comment mais il faut réparer. Un pilote qui prend son indépendance et qui vire quand il veut. Un bout dehors qui fait grève. Un poignet démantibulé. Un mental qui commence à se forger et des trajectoires qui s’améliorent : on retiendra le positif et réparera la mécanique pour la prochaine course! Car, vous savez quoi? Avec cette course de 300 milles en solitaire, j’obtiens mon billet pour la mini transat!!!!

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